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L’UniThéâtre is the only professional francophone theatre company in Alberta and as such we are dedicated to the development of the francophone community and to the promotion of the French language and French-language cultural expressions in Edmonton, Alberta and throughout Canada.

Julia Bio (anglais)

Prix Louise Ladouceur

Meilleure Critique de Théâtre 2017


Julia Stanski (Biography)

Julia Stanski is a first-year arts student at the University of Alberta and an avid theatre lover. After 13 years in French Immersion, she's enjoying university French classes, and hopes to continue improving her language skills and getting involved in Edmonton's francophone community. Julia spent three years reviewing and performing in high school productions as part of the Cappies program, and this year she appeared in performances with Trinity Players and Foote in the Door Productions. She looks forward to further adventures in writing, theatre and the French language!

Julia's Theatre Review of L'UniThéâtre's production of "LA RACCOURCIE" by Jean-Rock Gaudreault (French only)

« Sens? La vie n’a pas de sens! » Dans un monde fragmenté où la recherche pour la signification peut sembler inutile, beaucoup de gens seraient d’accord avec le cri découragé que lance Jean-Joseph Simard. Mais les spectateurs qui ont eu la chance de voir la pièce La Raccourcie présentée à l’Unithéâtre sont peut-être un peu plus près de trouver un semblant de signification dans la forêt enchevêtrée de la vie.

Écrit en 1997, ce drame à deux acteurs était la première pièce professionnelle de l’écrivain québécois Jean-Rock Gaudreault. Ce texte, qui traite de la responsabilité familiale, de la confusion de l’existence et de la possibilité de rédemption a connu plusieurs productions au Canada durant les vingt années ayant suivi sa première. L’histoire met en scène Victor, un citadin névrosé qui est déterminé à retrouver son père parti pour la forêt il y a six ans. Son père, Jean-Joseph, n’est pas content de l’intrusion de son fils dans son camp solitaire. Mais Victor est résolu à trouver des réponses et n’a aucune intention de repartir. Au fil de l’après-midi, la lutte verbale entre les deux hommes révèle un passé plein de chagrin et de malentendus, mais ancré dans un amour mutuel inavoué et dans la peur de la déception.

Réalisée par Brian Dooley, la production méditative de l’Unithéâtre a habilement équilibré un texte complexe et cérébral avec un sens profond du pouvoir de l’environnement naturel. Tour à tour impitoyable et réconfortante, la nature environnante reflétait la relation naissante entre Victor et Jean-Joseph, ainsi que les jugements qu’ils portaient l’un sur l’autre.

 
André Roy (left) plays the role of the father, Jean-Joseph Simard. Steve Jodoin (right), plays the role of his son, Victor in L'UniThéâtre's production of LA RACCOURCIE in April 2017

André Roy (left) plays the role of the father, Jean-Joseph Simard. Steve Jodoin (right), plays the role of his son, Victor in L'UniThéâtre's production of LA RACCOURCIE in April 2017

 

Steve Jodoin, qui campait Victor, a apporté une vulnérabilité intéressante à son interprétation de jeune homme perdu et à la dérive. Tandis que Victor endurait sa colère et sa frustration envers son père, il semblait presque redevenir l’enfant qu’il était avant leur rupture, cherchant désespérément un guide. Son langage corporel expressif contribuait à cette transformation, ainsi que son débit plein d’émotion. André Roy, qui jouait le père étranger de Victor, est passé du rôle d’ermite bourru et dangereux à celui d’homme blessé par la vie et souffrant, aussi perdu que son fils, mais à sa manière. Il était touchant d’observer sa transformation d’homme irritable en être tendre tourmenté par le regret. 

L’alchimie entre Jodoin et Roy a été suffisamment forte pour soutenir la pièce. Les acteurs étaient à la hauteur. La relation entre les deux hommes était dynamique et nuancée, permettant aux spectateurs de prendre tour à tour parti pour l’un ou l’autre des deux protagonistes. Ceux-ci étaient suffisamment complexes pour que le spectateur n’ait pas choisir. La tension et l’amertume entre les hommes étaient palpables dès leur première rencontre, mais à travers leurs paroles, on a commencé à voir les germes d’un amour profond. La première fois que Victor admet avoir reçu quelque chose de son père – « C’est toi qui m’a enseigné ça » — était particulièrement poignante. On pouvait enfin voir une émotion autre que l’agacement chez Roy, émerveillé qu’il ait pu influencer cette personne devant lui.

Le travail technique de la production était réfléchi et efficace, chaque élément contribuant à la construction du monde de la pièce. Un décor élégant créé par Julie Becquart utilisait du tissu, un effet de brouillard et un éclairage bien choisi pour créer l’impression d’un ciel sans limites. La clairière de la forêt où l’action se passait était construite avec un sens du détail impressionnant.

Honnête, captivante et donnant à réfléchir, La Raccourcie ne peut pas vous donner toutes les réponses que cherchent ses personnages. La pièce vous laisse néanmoins avec une promesse et un rayon d’espoir, et parfois, c’est tout ce dont on a besoin.