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L’UniThéâtre is the only professional francophone theatre company in Alberta and as such we are dedicated to the development of the francophone community and to the promotion of the French language and French-language cultural expressions in Edmonton, Alberta and throughout Canada.

Prix Louise Ladouceur

Prix Louise Ladouceur - Meilleure critique de théâtre 2017


En janvier 2016, L’UniThéâtre et le département de langues modernes et d’études culturelles (MLCS) de l’Université de l’Alberta lançaient un nouveau projet ayant comme objectif d’enrichir l’expérience pédagogique des étudiants de l’Université de l’Alberta et du Campus Saint-Jean en les incitant à assister à des pièces de théâtre en français. Ce prix porte le nom de professeur Louise Ladouceur du Campus Saint-Jean. Louise Ladouceur a contribué énormément à L'UniThéâtre au cours de plusieurs années. La professeur d'études théâtrales fut responsable de l'instauration des surtitres  à L'UniThéâtre et depuis, cet outil permet aux apprenants de la langue française et les francophiles d'assister à nos pièces et de mieux comprendre et saisir les nuances des pièces de théâtre qu'ils voient. 

Le Prix Louise Ladouceur -- meilleure critique de théâtre  vise à inspirer les apprenants de la langue et les encourager à améliorer leurs compétences linguistiques en écrivant la critique théâtrale d’une pièce de L’UniThéâtre. Les critiques soumises par les étudiants sont évaluées par un jury composé de membres de l’Université de l’Alberta et de L’UniThéâtre. La personne gagnante reçoit un abonnement de saison de L’UniThéâtre ainsi qu'un certificat de reconnaissance pour son travail et sa critique est affichée sur le site de L’UniThéâtre et le blogue Francopains.

FÉLICITATIONS À LA GAGNANTE DU PRIX LOUISE LADOUCEUR 2017!


Julia Stanski- Biographie

Julia Stanski est une étudiante en sciences humaines en première année à l'Université de l'Alberta. C'est une amatrice avide de théâtre. Après 13 ans d'immersion française, elle prend plaisir à suivre les cours de français à l'université, et elle espère continuer à améliorer son niveau et à s'impliquer davantage dans la communauté francophone d'Edmonton. Durant trois ans, Julia a écrit des critiques de théâtre et à joué dans des spectacles de son école secondaire dans le cadre du programme "Cappies". Cette année, elle a joué dans les spectacles de Trinity Players et Foote in the Door Productions. Elle attend avec impatience de se lancer dans de nouvelles aventures sur le papier, au théâtre et dans la langue de Molière!

La critique de théâtre de julia stanski : "La Raccourcie" de Jean-Rock Gaudreault, Une production de L'Unithéâtre 

« Sens? La vie n’a pas de sens! » Dans un monde fragmenté où la recherche pour la signification peut sembler inutile, beaucoup de gens seraient d’accord avec le cri découragé que lance Jean-Joseph Simard. Mais les spectateurs qui ont eu la chance de voir la pièce La Raccourcie présentée à l’Unithéâtre sont peut-être un peu plus près de trouver un semblant de signification dans la forêt enchevêtrée de la vie.

Écrit en 1997, ce drame à deux acteurs était la première pièce professionnelle de l’écrivain québécois Jean-Rock Gaudreault. Ce texte, qui traite de la responsabilité familiale, de la confusion de l’existence et de la possibilité de rédemption a connu plusieurs productions au Canada durant les vingt années ayant suivi sa première. L’histoire met en scène Victor, un citadin névrosé qui est déterminé à retrouver son père parti pour la forêt il y a six ans. Son père, Jean-Joseph, n’est pas content de l’intrusion de son fils dans son camp solitaire. Mais Victor est résolu à trouver des réponses et n’a aucune intention de repartir. Au fil de l’après-midi, la lutte verbale entre les deux hommes révèle un passé plein de chagrin et de malentendus, mais ancré dans un amour mutuel inavoué et dans la peur de la déception.

Réalisée par Brian Dooley, la production méditative de l’Unithéâtre a habilement équilibré un texte complexe et cérébral avec un sens profond du pouvoir de l’environnement naturel. Tour à tour impitoyable et réconfortante, la nature environnante reflétait la relation naissante entre Victor et Jean-Joseph, ainsi que les jugements qu’ils portaient l’un sur l’autre.

 
André Roy (gauche) joue le rôle du père, Jean-Joseph Simard. Steve Jodoin (droit)  joue le rôle de son fils, Victor, dans la production de LA RACCOURCIE de L'UniThéâtre en avril 2017

André Roy (gauche) joue le rôle du père, Jean-Joseph Simard. Steve Jodoin (droit)  joue le rôle de son fils, Victor, dans la production de LA RACCOURCIE de L'UniThéâtre en avril 2017

 

Steve Jodoin, qui campait Victor, a apporté une vulnérabilité intéressante à son interprétation de jeune homme perdu et à la dérive. Tandis que Victor endurait sa colère et sa frustration envers son père, il semblait presque redevenir l’enfant qu’il était avant leur rupture, cherchant désespérément un guide. Son langage corporel expressif contribuait à cette transformation, ainsi que son débit plein d’émotion. André Roy, qui jouait le père étranger de Victor, est passé du rôle d’ermite bourru et dangereux à celui d’homme blessé par la vie et souffrant, aussi perdu que son fils, mais à sa manière. Il était touchant d’observer sa transformation d’homme irritable en être tendre tourmenté par le regret. 

L’alchimie entre Jodoin et Roy a été suffisamment forte pour soutenir la pièce. Les acteurs étaient à la hauteur. La relation entre les deux hommes était dynamique et nuancée, permettant aux spectateurs de prendre tour à tour parti pour l’un ou l’autre des deux protagonistes. Ceux-ci étaient suffisamment complexes pour que le spectateur n’ait pas choisir. La tension et l’amertume entre les hommes étaient palpables dès leur première rencontre, mais à travers leurs paroles, on a commencé à voir les germes d’un amour profond. La première fois que Victor admet avoir reçu quelque chose de son père – « C’est toi qui m’a enseigné ça » — était particulièrement poignante. On pouvait enfin voir une émotion autre que l’agacement chez Roy, émerveillé qu’il ait pu influencer cette personne devant lui.

Le travail technique de la production était réfléchi et efficace, chaque élément contribuant à la construction du monde de la pièce. Un décor élégant créé par Julie Becquart utilisait du tissu, un effet de brouillard et un éclairage bien choisi pour créer l’impression d’un ciel sans limites. La clairière de la forêt où l’action se passait était construite avec un sens du détail impressionnant.

Honnête, captivante et donnant à réfléchir, La Raccourcie ne peut pas vous donner toutes les réponses que cherchent ses personnages. La pièce vous laisse néanmoins avec une promesse et un rayon d’espoir, et parfois, c’est tout ce dont on a besoin.